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  • natarajsadhana

LA CREATION volet3

ENSEIGNEMENT tiré du YOGA VASISTHA, entretien du sage avec Rama


VASISTHA poursuivit

Je vais maintenant te présenter la création et son secret. Car la servitude ne dure que tant que l'on revêt de réalité l'objet que l'on perçoit. Dès qu'on cesse de le faire, l'asservissement prend aussitôt fin. Ici, dans cette création, seul ce qui est créé grandit, se désintègre et rejoint le ciel ou l'enfer, et peut être libéré.

Lors de la dissolution cosmique, la création objective tout entière se résorbe dans l'être infini, diversement désigné sous les noms d'âtmâ, Brahman, vérité, et caetera, par les sages, afin de faciliter la communication et le dialogue.

Ce même soi infini conçoit en son sein la dualité de soi-même et de l'autre. Pour cette raison, le mental se soulève comme une vague quand la surface de l'océan tranquille se trouve agitée. Mais, je t'en prie, garde bien présent à l'esprit que, de la même façon qu'un bracelet en or n'est que de l'or(et, si l'or existe sans être bracelet, le bracelet ne saurait exister sans or ou sans un autre métal), les qualités et la nature des choses créées ainsi que la potentialité de la création sont inhérentes au créateur. Le mental n'est pas différent du soi infini (et n'a pas d'existence propre).


Ainsi que le mirage donne l'impression d'un fleuve très réel, cette création a l'air, elle aussi, tout à fait réelle. Tant qu'on s'accroche à la réalité de "tu" et de "je", il n'y a pas de libération. Ce n'est pas simplement (et verbalement) en la niant que cette idée d'existence se trouve oblitérée; au contraire, une telle négation devient même une confusion supplémentaire.

Râma, si en fait la création est réelle, elle ne saurait prendre fin; car une loi immuable veut que l'irréel ne possède pas d'existence réelle et que le réel ne peut cesser d'être. La médiation et d'autres pratiques de ce genre ne peuvent donc pas provoquer son arrêt. Tant que dure l'idée de création, même la contemplation (samâdhi) dans laquelle il n'y a pas de mouvement de pensée (nirvikalpa) n'est pas possible. Même si elle était possible, le moment où l'on revient de pareille contemplation, la création et ses souffrances se manifestent dans le mental. Le mouvement de la pensée crée l'idée des objets créés.


De même que l'essence existe en toute chose, comme l'huile existe dans les graines de sésame et l'arôme dans les fleurs, la faculté de la perception objective existe chez celui qui perçoit. (III:1)


De même que les objets du rêve sont connus du seul rêveur, les objets de perception ne sont connus que de celui qui perçoit. Exactement comme le germe de la graine se développe en temps voulu, cette potentialité devient manifeste en tant qu'idée de création. (...)


Toutes ces formes sont de la nature de la pure intelligence et pourtant, du fait de l'oubli du soi et de la pensée des formes physiques, elles se solidifient en formes physiques - ainsi que des démons (bien que dénués de forme) paraissent se vêtir de forme en raison de l'hallucination de celui qui les perçoit. (III.3)


Toutefois, le Créateur n'est pas le jouet de pareille illusion. Il est toujours de nature spirituelle, non tangible. le Créateur est spirituel et, semblablement, sa création est en réalité spirituelle dans son essence. Cette création est dénuée de cause. Elle est donc tout autant essentiellement spirituelle que l'être suprême, Brahman. La matérialité de la création fait penser aux châteaux en Espagne, projections illusoires de notre mental; elle est fictive, imaginaire.

Le Créateur est le mental; l'esprit ou pure intelligence est son corps. La pensée est inhérente au mental. L'objet de perception est inhérent à celui qui perçoit. Qui a jamais pu distinguer l'un de l'autre ?


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